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Paramètre des murs - analyse de la construction
Les relevés établis par P. BENOUVILLE en
1884 font apparaître un certain état de délabrement
des ouvrages d’accès et de flanquements aussi bien
que des remparts eux-mêmes. L’absence de couvertures
des tours, comme les constructions annexes préjudiciables
à la conservation des remparts ou comme la stabilité
compromise de ceux-ci, montrent bien les efforts tant techniques
que financiers nécessaires à la restauration crédible
de cet ensemble monumental tout à fait simple mais très
représentatif de son époque. Il faut remarquer que
peu d’ajouts ultérieurs ont été construits,
du fait, sans doute, de la fonction devenue obsolète de cette
époque.
La muraille se présente sous forme d’un quadrilatère
orienté Nord-Est/Sud-Ouest sur le grand côté.
Le mur Nord-Ouest est long intérieurement de 350 mètres,
le mur Nord-Est de 222 mètres, le mur Sud-Ouest de 210 mètres
et le mur Sud-Est présente un tracé non rectiligne
composé de quatre segments de droite d’inégales
dimensions. Sa longueur cumulée est de 363 mètres.
Cette disposition se justifie par la présence de la rivière
Baïse dont le mur suit approximativement le tracé. L’ensemble
du système défensif représente une longueur
développée de 350 + 222 + 210 + 363 = 1 145 mètres.
Globalement bien conservé malgré l’utilisation
abusive d’une grande partie du mur Sud-Est par des constructions
parasites mais respectueuses de l’alignement, les remparts
de VIANNE ont été percés pour le passage d’une
voie départementale traversant la bastide, en empruntant
le nouveau pont construit vers 1850 par une société
privée. Par un raccordement courbe, le chemin départemental
rejoint intérieurement l’une des deux voies Nord-Est/Sud-Ouest,
celle qui ne conduit pas aux portes défensives et ressort
de la bastide en passant à travers la muraille sans trop
de précautions par une brèche. Le parcellaire régulier
est quelque peu bousculé dans la partie Nord-Est là
où la voie s’engage depuis le pont.
Si l’organisation défensive reste apparente tout au
long de son tracé périphérique, les constructions
originelles ont perdu de leur hauteur pour les murs et de leur habitabilité
pour les tours. L’aspect un peu romantique de ces détériorations,
dues au temps plutôt qu’aux hommes, se lit dans les
lithographies du XIXe siècle et les relevés de l’architecte
diocésain P. BENOUVILLE montrent à quel point s’est
réduit la hauteur initiale des murailles et s’est effondré
le couronnement de toutes les tours.
A partir de ces relevés, des projets de restauration s’engagent
à partir de 1884, notamment pour la porte sud-ouest et la
porte ouest. L’existence de trous de boulins en dessous des
créneaux couronnant les portes laisse envisager la présence
de hourds sans que la preuve puisse être apportée qu’ils
aient été mis en œuvre effectivement. Néanmoins,
c’est avec ces toitures caractéristiques que la restauration
des ouvrages est envisagée. Les plans sont précis
développant tout le vocabulaire de l’architecture défensive
connue. On y trouve la reconstruction de l’assommoir, de la
herse, de la porte à vantaux à gonds inversés,
on y envisage même le pont-levis à bascule sans preuve
apparente d’existence. A l’étage, on restitue
la chambre réservée au logement du portier et au maniement
des herses, accessibles par un escalier extérieur. Il ne
manque rien au projet de restauration, sauf les moyens financiers.
Il faut attendre le début du XXe siècle pour que soit
relancée un nouvelle étude diligentée par l’architecte
des Monuments Historiques RAPINE. La proposition est plus simple
et porte sur une portion de fortifications, la porte nord-ouest
et la tour d’angle nord. Seule celle-ci est proposée
restaurée avec des hourds. Le projet, bien que revu à
la baisse, est finalement mis en œuvre, juste avant la guerre
de 14-18. Les remparts et les autres portes et tours d’angle
sont remontés entre les deux guerres tels que nous les voyons
aujourd’hui. |
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